Vous avez dit démocratie ?

Il y a des modes en tout. L’actualité et la politique n’y échappent pas. L’un des mots du moment est « démocratie » : que ce soit pour critiquer celles en place, en demander davantage ou proposer de nouvelles formes. Jamais nous ne nous étions autant interrogés sur un concept que nous pensions évident.

Un jugement est rendu, qui ne convient pas à l’une des parties, et on s’écrie : « c’est une atteinte à la démocratie ! ». Tel dirigeant prend une décision et il devient brusquement un autocrate.

On ne peut donc éviter de s’interroger sur une telle remise en question du fondement de nos sociétés occidentales modernes, car en effet ce syndrome n’est pas propre à la France, pas plus qu’il n’affecte que certains « bords » politiques. Il semble que chacun considère que lui seul détient les clés, et que « l’autre » est moins démocrate.

On invente même des mots : « démocrature » ou des expressions : démocratie autoritaire. La démocratie serait donc à géométrie variable : plus ou moins teintée de dirigisme, plus ou moins tournée vers la satisfaction des désirs du peuple ; on sera dans ce dernier cas taxé, voire accusé, car le terme ne se veut pas flatteur, de populisme.

A partir de quel moment une démocrature devient-elle une dictature ? une démocratie autoritaire est-elle encore une démocratie ?

Le peuple doit-il être associé à toutes les décisions ? Mais à quelle fréquence ? Sur quels sujets ? Qui décide de la question ? Qui la rédige ? Quid des abstentionnistes ? Seraient-ils tenus par le vote auquel ils n’ont pas participé ou s’excluent-ils ?

Pourquoi ces interrogations ? Quel est le fait générateur de cette crise existentielle de la démocratie ? La crainte qu’elle ne nous échappe ? L’insatisfaction ? la désillusion de constater qu’une société démocratique n’est pas parfaite ?

Autant de questions nous amènent à nous tourner vers le passé afin de mieux comprendre le présent et peut-être trouver les clés de notre avenir.

L’histoire de la démocratie est longue. Longue parce qu’elle ne s’est pas installée en un jour ni même une année. Longue parce que cette histoire n’est pas continue ; elle a connu de très longues interruptions entre la Grèce Antique et la Révolution Française puis jusqu’à nos jours.

La démocratie est fragile, ménageons-la !

Brit DEHENCE