QUI EST "L'ELITE" ?

Ces derniers temps, j'ai été frappée d'entendre à plusieurs reprises, lors d'émissions de débats ou d'information, différents participants constater ou déplorer du ressentiment de la population à leur encontre, eux, "l'élite".

Cette auto proclamation m'a interpelée, car le fait d'être journaliste, même brillant et cultivé, ou personnalité politique, même reconnue, ne me paraissait pas constitutif de la qualité "d'élite"que je pensais réservée à quelques rares élus (mais pas via les urnes), si mes souvenirs de linguistique ne me trompaient pas.

Je me suis donc précipitée sur mes dictionnaires fin d'y trouver une définition me permettant de déterminer si cette "élite" en est vraiment une.

Deux définitions sont retenues, suivant qu'élite est au singulier ou au pluriel.

Pris au singulier, et dans son sens premier apparu au XIème siècle (de "élire" j'avais donc bien raison en parlant d'élus !), l'élite est "l'ensemble des personnes considérées comme les meilleures, les plus remarquables d'un groupe, d'une communauté."

Au pluriel, "les élites", acception apparue en 1928, sont "les personnes qui occupent le premier rang, de par leur formation, leur culture."

Une autre encyclopédie précise que ces personnes sont "une minorité".

Ces définitions ne sont donc pas très éloignées de ma propre idée de ce terme et mon questionnement à propos de la légitimité de l'utilistion de ce mot à répétition par des personnes au demeurant fort capables et munies de toutes sortes de compétences, me paraît justifié.

Non pas que je jalouse ces personnes que je regarde ou écoute régulièrement, en "accro" des émissions auxquelles elles participent à tour de rôle, faisant le tour des plateaux télévisés ou radio.

J'apprécie en effet leurs commentaires ou leurs analyses, mais je conserve un esprit critique, ne tenant pas pour vérité première leurs affirmations (que j'essaie de vérifier sur d'autres sources) ; ce sont selon moi de bons professionnels, disposant d'informations et de connaissances que je n'ai pas, mais sont-elles poour autant les meilleures ?

Si on retient le critère du nombre, eu égard à la quantité de personnes politiques ou de journalistes, il est impossible qu'une profession entière constitue une élite !

En outre, les définitions précisent que ces personnes sont "considérées comme les meilleures d'un groupe". Considérées par qui ? La logique voudrait que ce soit par ledit groupe. Là encore, il y a débat : s'il est des professions qui ne font l'unanimité parmi la population (la plèbe, le peuple, pour rester dans le même genre), ce sont bien les journalistes et les personnages politiques, surtout ces derniers mois. 

Ma modestie dût-elle en souffrir, j'avais bien quelques raisons de douter du bien-fondé de l'usage du terme d'élite dans les circonstances que j'ai décrites.

Ce n'est pas très important, mais quand on prétend faire partie des meilleurs, autant éviter de s'exposer à une critique facile !

Par ailleurs, se situer parmi les meilleurs implique des responsabilités à l'égard des moins bons, c'est-à-dire pratiquement tout le monde.

Cette prétendue élite fait-elle face ? Montre-t-elle l'exemple, le chemin ? Je laisse à mes lecteurs la liberté d'apporter leurs propres réponses et je resterai sur mes interrogations.

Et même si c'était vrai, même si ces personnes s'avéraient être les meilleures d'entre nous, quel manque de modestie ! Mais... on n'est jamais si bien servi que par soi-même !!!

 

Brit DEHENCE