Les assistés

C'est avec une certaine humilité que j'aborde ce thème car j'ai l'impression que, contrairement à ce qui se dit péjorativement, être assisté ne se limite plus aux aspects financiers.

Dans un contexte social où il me semble qu'il est tout de même difficile de suivre la route que l'on s'est imaginée, même à l'âge de l'adolescence, et même avec le plein d'énergie, sauf peut-être si on est né avec "une cuillère en argent dans la bouche", certaines personnes se résignent, car l'avenir semble flou.

Il faut dire que les changements sont nombreux, fréquents et souvent contradictoires  : la barre à gauche, la barre à droite (MDR : Mort De Rire , mais en fait cela ne me fait pas rire du tout!).

Pour certaines personnes, celles pour lesquelles on n'est pas capable , dans notre "belle" nation, d'apporter, même a minima, de quoi les épauler pour construire un chemin à la mesure de leur ambition, le statut d'assisté devient le seul, l'unique "statut" qui permet de vivre, et même plutôt de survivre.

Et puis, il y a ceux, avec beaucoup d'énergie, qui pensent qu'ils vont y arriver, à atteindre leur(s) objectif(s), qui sont restés attachés à des valeurs traditionnelles, voire ancestrales. Je pense en faire partie, c'est même une fierté.

Certes, on peut dire que partiellement, on est toujours un peu assisté : pour exemple, la sécurité sociale, mais ça coûte, mais c'est quand même utile pour le fonctionnement de notre société. Le "trou" est apparemment conséquent ; on en parle souvent, peut-être moins de ce que cela coûte à celui qui le finance par son travail....Bon, passons.

Dès que l'on sort des "sentiers battus", on va dire pour faire simple, du "métro-boulot-dodo" des trentes glorieuses, il semble qu'il faille beaucoup d'énergie pour avancer, voire ne pas reculer. Et là, mon impression est que l'on aimerait parfois être un peu "assisté" et pas "désassisté".

Et là, je ressens la France des années 80/90 (20ème siècle bien sûr !), plantée encore dans ses bottes de l'après guerre, où le terme "fracture sociale", souvent utilisé par l'un de nos "chers" (no comment !) Président prend toute sa valeur.

Et puis je regarde autour de moi, notamment tous ces gens qui font souvent la une des journaux ou bien qui défilent (très régulièrement et a priori très facilement) à la télé. 

Se considèrent-ils assistés ou pas ?

J'ai l'impression que pas, mais je me pose les questions suivantes :

Qui a écrit le discours ? Qui conduit la voiture ? Qui finance les dépenses superflues ? (c'est quoi le superflu ?) Comment ils alimentent les "frais de bouches" ? et j'en passe...

Je me dis alors que la définition péjorative du mot "assisté" devient quelque peu obsolète.

Ce qui devrait conduire à l'évolution de l'individu , à une certaine autonomie de ce même individu, s'est transformé en une habitude, une espèce de logique, de profiter d'avantages qui concernent toutes les couches de la société, et ce sans même se poser de questions.

Il faut donc, à mon sens,  que chacun s'interroge, honnêtement, sur le fait de savoir si on est "assisté"- au sens large, j'espère que vous avez compris-, et dans quelles mesures et ne pas se contenter de regarder, parfois de manière hautaine, une soi-disante catégorie de personnes qualifiées péjorativement d'assistées.

Arno TIENJEC